On était dans le quartier hip avec plein d’écoles de design et autres boutiques effervescentes près de l’institut Strelka dans Krasniy Oktiabr (Octobre rouge). C’est quand même hot de pouvoir dire que t’es allé veiller dans Octobre rouge. Emmenez-en des noms de quartier bad-ass comme ça.
Tes marches sont hip.
Tes tuyaux sont hip.
… en tout cas il y avait une expo de photo en bas.
On dit à la blague que personne ne viendrait aux vernissages si ce ne serait pas des drinks gratuits. Et en Russie, les drinks gratuits étaient de la vodka et le gratin politique et journalistique était là pour couvrir l’événement. Nous on était là d’aplomb.
30 minutes d’avance, ça commence à arriver.
« Bonjour, j’appelle l’art. » L’art est parti faire une sieste car il est sur le décalage horaire nous a dit la directrice de la galerie d’art.
En effet, cette sympathique demoiselle, en plus de nous apprendre que Denis faisait une sieste avant sa performance, a découvert les différences entre Russes et Européennes au fil de ses nombreuses visites à la galerie d’art correspondante à Bruges. Elle nous partageait que les femmes Russes ne trimbaleraient jamais de lourds sacs de voyage et que ce serait plutôt de mari qui porterait le tout sans broncher alors que les Européennes vont traîner de lourdes charges. Les Belges lui ont expliqué que si une femme Européenne voulait apporter toute sa garde-robe ou un meuble dans son sac à dos et bien qu’elle pouvait le faire à ses dépends.
Hé, je ne fais que répéter des bouts de ses découvertes. Pour en faire une analyse approfondie, on repassera. Pour faire une analyse grossière, ça confirmait un peu que les femmes Russes sont princesses, dans le sens le plus élogieux possible (au nombre de châteaux qu’on avait vu en Russie déjà, oui, ça a quelque chose d’élogieux et de royal). Une Russe qui s’immobilise devant une porte sans l’ouvrir en attendant qu’un homme au hasard lui ouvre la porte, on a vu ça. J’ai eu l’air bien con devant plusieurs Russes alors que je n’ouvrais pas la porte à Iphy avec son gros sac à dos parce que j’voulais prendre de l’avance pour trouver notre chemin. Mauvaise sélection de galanterie pour ce pays là dans mon cas.
Hé, hé. Je m’écarte. On boit de la vodka en attendant Denis De Gloire.
Conférence de presse avec la représentante gouvernementale sado-maso.
En fait, c’est très joli son truc.
Denis s’en vient beurrer le plancher.
Les gens sont rivés sur sa technique du poignet pour lancer la peinture par terre. Caméras sont là pour capter toutes ces minutes d’excitation.
Ici, un appréciateur d’art.
(Ok, un peu de sérieux pour la fin : c’est bien dommage, mais Jackson Pollock ne me fait pas vibrer du tout. Ça ne me parle pas même si l’oeuvre est majeure. De voir ça live en hommage c’est enrichissant mais ça ne m’empêche pas d’avoir envie de faire des blagues. Bonne journée.)